DMLA sèche et DMLA humide : comprendre les deux formes de la maladie
En consultation, la question m'est posée quotidiennement : quelle est la différence entre une DMLA sèche et humide ? Sur le plan clinique, tout oppose ces deux formes, de leur vitesse d'évolution à notre arsenal thérapeutique.
L'usure lente : la DMLA atrophique (sèche)
C'est le scénario pour 8 cas sur 10. La macula, cette petite zone centrale de la rétine qui vous permet de lire ou de reconnaître un visage, s'use progressivement.
Au fond d'œil, nous observons l'accumulation de dépôts jaunâtres caractéristiques appelés druses. Les cellules rétiniennes s'amincissent, créant ce que nous appelons une atrophie géographique. La perte visuelle est très lente. Vous ne perdez pas la vue du jour au lendemain, mais au fil des années, la lecture devient difficile, les lettres s'effacent.
Sur le plan thérapeutique, nous n'avions jusqu'à récemment que la supplémentation vitaminique à proposer. Aujourd'hui, nous intégrons des traitements par photobiomodulation (Valeda) au cabinet pour tenter de freiner cette atrophie cellulaire. Un suivi par OCT régulier reste indispensable pour vérifier que cette forme sèche ne bascule pas sous une forme humide.
L'urgence : la DMLA néovasculaire (humide)
Moins fréquente (environ 15 à 20 % des patients), la forme humide est redoutable par sa rapidité. L'œil tente de compenser le manque d'oxygène de la rétine en créant de nouveaux vaisseaux sanguins. Le problème ? Ces néovaisseaux sont poreux. Ils fuient, laissant s'échapper du sérum ou du sang directement dans la macula.
C'est cet œdème brutal qui déforme votre vision. Si les lignes droites commencent à onduler (les encadrements de portes, les lignes d'un cahier), c'est une alerte rouge. Une prise en charge immédiate est requise.
Nous bloquons ces vaisseaux anormaux grâce aux injections intra-vitréennes d'anti-VEGF. Plus on injecte tôt, plus on a de chances de préserver l'acuité visuelle et de "sécher" la rétine.
Comment posons-nous le diagnostic ?
L'examen clinique dicte la conduite à tenir. L'OCT (Tomographie en Cohérence Optique) est notre juge de paix : il nous donne une coupe millimétrique de la macula. S'il y a du liquide, c'est humide. S'il n'y a que de l'amincissement, c'est sec.
Dans certains cas, nous complétons par une OCT-Angiographie pour visualiser très précisément l'arborescence des vaisseaux anormaux sans avoir besoin de vous injecter de colorant dans la veine.
Mon conseil au quotidien
Passez 50 ans, testez votre vue œil par œil (en cachant un œil avec la main) en regardant une grille de mots fléchés ou le carrelage de la salle de bain. La moindre ligne déformée exige un appel urgent à notre secrétariat pour un fond d'œil.
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Dr Maddalena Quaranta
Ophtalmologiste — Rétinologue | Centre Ophtalmologique Rabelais, Lyon
Spécialiste de la rétine médicale et des pathologies maculaires. Auteure de publications dans le domaine de l'imagerie rétinienne et de l'ophtalmologie.
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